Les états d'âme du philosophe-né ?
- Sébastien Delaunay
- 13 nov. 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 oct. 2025
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Un.e philosophe-né.e se présente comme un être capable d’étonnement. Doué d’ouverture, il se laisse guider par sa curiosité, saisir par l’émerveillement, infuser par son intuition. Contributeur singulier de la marche du monde, il répond à l’appel d’une quête qui n’appartient qu’à lui, et à partir de laquelle il élabore son unicité. Sur son chemin, s’il lui arrive de s’ériger en faux, de s’engager dans une lutte, il fait toujours commerce d’une vision qui habite et nourrit son âme. Déboulonneur de statues, il relève le pari du renouveau, de l’innovation, quitte à s’affranchir du joug des institutions les mieux établies. Un.e philosophe-né.e est un être assoiffé de vie, irrésigné à la seule survie, taillé pour se réinventer.
Attributs du ou de la philosophe-né.e | Engagements | Dynamique | Eléments |
Voyageur | Un être capable d’étonnement | Curieux, aventureux
| Terre |
Chercheur | un contributeur singulier de la marche du monde | un bâtisseur : génie personnel | Eau |
Créateur | Un déboulonneur de statues | Un visionnaire | Air |
Alchimiste | Un être en vie, non pas en survie (4/4 né, 1-4né) | Un être en chemin, voyageur nomade | Feu |
Tableau 1 – Les repères d’un.e philosophe-né.e
Il est tout à la fois, sans concession ni concurrence, un Voyageur, un Chercheur, un Créateur et un Alchimiste.

Figure 1 - L’astrolabe philosophique
Pour parvenir à son but, un.e philosophe-né.e mobilise un modèle naturaliste inspiré par les cycles de croissance. Son évolution prend pour théâtre Les Quatre Saisons du Voyage philosophique, selon le schéma d’intégration suivant.
Avec l’hiver d’abord, s’inaugure un temps marqué par l’implantation silencieuse et souterraine d’une appétence philosophique née de sa curiosité naturelle et de sa faculté d’étonnement. Ce point d’amarrage fixe la source et le but comme la graine et son telos[1] de plante. Mais sans le printemps et ses énergies épistémophiles[2], sa pensée manquerait de l’humus nécessaire à sa vitalisation. Elle s’assècherait dans la sidération de l’inélaborable. Portée par l’élan primesautier, il en est tout autrement : quelque chose de l’ordre d’une mise en culture opère en lui. Car il est le lieu d’une implantation, d’un sol et d’une croissance d’où, bientôt et progressivement, perceront tiges et bourgeons vers le ciel fertile des Idées.
Ainsi exposée aux éléments (terre, eau, air, feu), la plante qui n’était encore qu’un concept, conquiert alors sa pleine maturité : nous voilà à l’été. Sous le feu du soleil ardent, la floraison mûre y figure le sens de la fleur. Après les réseaux printaniers, l’été opère une connexion élémentaire : la fleur raisonne par ses sens, exhale la promesse du sens. Finalement à l’autonome, ce n’est pas tant que visiblement tout tombe, c’est plutôt que tout retombe au sol, achevant la course du philosophique par un pur procédé alchimique. Pour un.e philosophe-né.e, son sol métabolise ce que ses mises en culture restituent in fine à la vie : tout simplement, il en retire les fruits.
Saisons | Impulsions | Enjeux |
Hiver | Implanter le voyage, | s'étonner |
Printemps | quête, mise en route, | matériau philosophique |
Eté | Récolter les fruits | Elaborer, concevoir (contenir) modéliser |
Automne | assimiler ses connaissances | se transformer, se réinventer |
Tableau 2 – Les Quatre modalités de la méthode des Quatre saisons du voyage philosophique
Des quatre initiations issues des saisons philosophiques, tout.e philosophe-né.e hérite une mallette à outils et une méthode spécifique conjuguant le médium des émotions, l’analyse des croyances, l’exercice de la raison et la puissance d’action :
(1) naissance/co-naissance : du voyageur à la recherche Terre → eau (enfant/ s’émerveiller (émotion) ;
(2) legs/liens : de la quête à la création : eau → air : (adolescent) libre-pensée (croyances) ;
(3) sens/signifiance : de la création à l'alchimisation : (adulte/Construire-déconstruire) (raison) ;
(4) archétypes/archè : de l'alchimisation à l'intégration feu → terre (grand âge) de la vie de l’art à l’art de la vie (action).

Figure 2 – Les quatre initiations du Voyage philosophique
En pratique, je te propose une balade saisonnière en douze étapes formant l’architecture même de cet ouvrage :
- Étape 1 - Cultive ta faculté d’étonnement (chapitre I - Hiver)
- Étape 2 - Réveille ton âme de Voyageur (chapitre II - Hiver)
- Étape 3 - Nourris ton émotion philosophique (chapitre III - Hiver)
- Étape 4 - Extrais le matériau philosophique (chapitre IV - Printemps)
- Étape 5 - Affûte ton esprit de Chercheur (chapitre V - Printemps)
- Étape 6 - Façonne ton art de la problématisation (chapitre VI - Printemps)
- Étape 7 - Proclame ta libre-pensée (chapitre VII - Été)
- Étape 8 - Honore ta part de Créateur (chapitre VIII - Été)
- Étape 9 - Elabore ton modèle philosophique (chapitre IX - Été)
- Étape 10 - Métabolise ta philosophie au quotidien (chapitre X - Automne)
- Étape 11 - Orchestre ta renaissance alchimique (chapitre XI - Automne)
- Étape 12 - Pratique l’agir philosophique (chapitre XII - Automne)
À présent que te voilà dûment affranchi sur le programme de cette aventure, je te souhaite sans plus tarder à un merveilleux voyage…
[1] Du grec achèvement ou accomplissement
[2] Freud nommait ainsi le besoin de savoir de l’humain pour apaiser ses angoisses existentielles liées à sa finitude








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